Le droit de préemption permet au locataire d'acheter le logement qu'il occupe en priorité. Découvrez les conditions, la procédure et les recours possibles en cas de litige.
Dernière vérification juridique : 14/03/2026
Définition et cadre juridique du droit de préemption
Le droit de préemption du locataire est un droit légal qui permet à un locataired'acheter en priorité le logement qu'il occupe lorsque le propriétaire décide de levendre. Ce droit est principalement encadré par l'Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989,qui régit les rapports locatifs. Ce texte précise que le locataire doit être informé de lavente par une notification qui lui offre la possibilité d'acheter le bien aux mêmesconditions que celles proposées à un tiers.
Le droit de préemption s'appliqueuniquement dans le cadre de la vente d'un logement loué vide. Il ne s'applique pas auxlocations meublées ni aux ventes en bloc, sauf exceptions prévues par la loi. Parailleurs, ce droit ne s'applique pas si le logement est vendu à un membre de la famille dupropriétaire jusqu'au troisième degré.
En outre, le Code de l'urbanisme prévoit également desdispositions relatives au droit de préemption urbain, mais celles-ci concernentprincipalement les collectivités territoriales et non les locataires privés.
Conditions d'application du droit de préemption
Pour que le droit de préemption du locataire soit applicable, plusieurs conditionsdoivent être réunies. Premièrement, le logement doit être loué vide et constituer larésidence principale du locataire. Deuxièmement, le propriétaire doit notifier aulocataire son intention de vendre le bien, en précisant le prix et les conditions de lavente. Cette notification doit être faite par lettre recommandée avec accusé de réceptionou par acte d'huissier, conformément à l'Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet1989.
Le locataire dispose alors d'un délai de deux mois pour faire connaître sadécision d'acquérir le logement. Si le locataire accepte l'offre, il doit respecter lesconditions de vente telles que mentionnées dans la notification. En cas de refus ou denon-réponse dans le délai imparti, le propriétaire est libre de vendre le bien à untiers.
Il est important de noter que le droit de préemption ne s'applique pas danscertaines situations, telles que la vente du logement à un membre de la famille dupropriétaire ou lorsque le bien est vendu en bloc avec d'autres logements.
Procédure à suivre pour exercer le droit de préemption
La procédure pour exercer le droit de préemption commence par la réception de lanotification de vente par le locataire. Cette notification doit contenir toutes lesinformations nécessaires, y compris le prix de vente et les conditions associées. Lelocataire a alors deux mois pour répondre, comme le stipule l'Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet1989.
Si le locataire décide d'exercer son droit, il doit notifier son intentiond'acheter le bien dans le délai imparti. Cette réponse doit être faite par lettrerecommandée avec accusé de réception. Une fois l'acceptation envoyée, le locataire et lepropriétaire doivent signer un compromis de vente, qui engage les deux parties à conclurela transaction.
En cas de non-respect de la procédure par le propriétaire, lelocataire peut saisir le tribunal pour faire valoir ses droits. Par exemple, si lepropriétaire ne respecte pas les conditions de vente initialement proposées, le locatairepeut demander l'annulation de la vente à un tiers.
Jurisprudence et décisions notables
La jurisprudence joue un rôle crucial dans l'interprétation et l'application du droitde préemption du locataire. Un arrêt notable est celui de la Cass. civ. 3e, 3 mai2006, n° 05-13.255, qui a confirmé que le locataire doit être informé de manièreclaire et précise des conditions de la vente pour pouvoir exercer son droit depréemption.
Un autre arrêt important est celui de la Cass. civ. 3e, 17 décembre2003, n° 02-17.123, où la Cour a statué que le droit de préemption ne peut êtreexercé si le logement est vendu à un membre de la famille du propriétaire, confirmantainsi les exceptions prévues par la loi.
Enfin, l'arrêt de la Cass. civ. 3e, 15janvier 1992, n° 90-16.344 a précisé que la notification de vente doit être faite paracte d'huissier pour être valable, soulignant l'importance de respecter scrupuleusement laprocédure légale.
Cas pratiques et exemples concrets
Dans la pratique, le droit de préemption du locataire peut se révéler complexe. Prenonsl'exemple d'un locataire qui reçoit une notification de vente pour un appartement à 200000 €. Le locataire, intéressé par l'achat, doit répondre dans les deux mois pour exercerson droit de préemption. Si le propriétaire décide ensuite de vendre à un tiers pour 190000 €, le locataire pourrait contester cette vente, car elle ne respecte pas lesconditions initiales.
Un autre cas pratique concerne un locataire qui souhaiteacheter le logement mais ne dispose pas des fonds nécessaires. Il peut alors chercher unfinancement ou un prêt bancaire pour réaliser l'achat. Si le financement est obtenu dansle délai imparti, le locataire peut conclure la vente.
Ces exemples montrentl'importance de bien comprendre les conditions et la procédure du droit de préemption pouréviter les litiges et s'assurer que les droits du locataire sont respectés.
Que faire en cas de litige ?
En cas de litige concernant le droit de préemption, le locataire peut engager plusieursactions. Tout d'abord, il est conseillé de tenter une résolution amiable avec lepropriétaire. Si cela échoue, le locataire peut saisir le tribunal d'instance pour fairevaloir ses droits, comme le prévoit l'Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet1989.
Le locataire peut également demander l'annulation de la vente à un tierssi les conditions initiales n'ont pas été respectées. Dans certains cas, le tribunal peutordonner la vente du bien au locataire aux conditions initiales.
Il est crucial derecueillir toutes les preuves nécessaires, telles que la notification de vente, leséchanges de courriers et les preuves de non-respect des conditions de vente. Ces élémentsseront essentiels pour soutenir la demande du locataire devant le tribunal.
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Que dit la jurisprudence ?
La troisième chambre civile de la Cour de cassation a précisé les contours des droits et obligations en matière immobilière.
Dans un arrêt Cass. civ. 3e, 7 décembre 2022, n° 21-20.145, la Cour a rappelé que le bailleur est tenu de délivrer un logement décent (art. 6 de la loi du 6 juillet 1989) et que le locataire peut exiger la mise en conformité sous astreinte, voire obtenir une réduction de loyer proportionnelle au trouble de jouissance subi.
L’arrêt Cass. civ. 3e, 18 mai 2023, n° 22-15.894 a confirmé que le délai de restitution du dépôt de garantie est strictement encadré (un mois sans réserve, deux mois avec réserves) et que tout retard ouvre droit à une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard.
Enfin, Cass. civ. 3e, 22 novembre 2023, n° 22-21.367 a précisé que la vétusté doit être distinguée des dégradations imputables au locataire : seules les dégradations peuvent justifier une retenue sur le dépôt de garantie, la vétusté restant à la charge du bailleur.
Ces arrêts illustrent la protection croissante du locataire et la nécessité de formaliser ses demandes par écrit (lettre recommandée) pour sécuriser ses droits.
Questions fréquentes (FAQ)
Quelles sont les conditions pour exercer le droit de préemption ?
Pour exercer le droit de préemption, le logement doit être loué vide et constituer la résidence principale du locataire. Le propriétaire doit notifier la vente par lettre recommandée ou acte d'huissier, et le locataire a deux mois pour répondre (Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989).
Le droit de préemption s'applique-t-il aux locations meublées ?
Non, le droit de préemption ne s'applique pas aux locations meublées. Il concerne uniquement les logements loués vides, selon l'Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
Que faire si le propriétaire ne respecte pas la procédure de préemption ?
Si le propriétaire ne respecte pas la procédure, le locataire peut saisir le tribunal pour faire valoir ses droits. Il est essentiel de conserver toutes les preuves de non-respect pour soutenir sa demande (Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989).
Le locataire peut-il contester une vente à un tiers ?
Oui, si les conditions initiales de vente ne sont pas respectées, le locataire peut contester la vente à un tiers. Le tribunal peut annuler la vente ou ordonner la vente au locataire (Cass. civ. 3e, 3 mai 2006, n° 05-13.255).
Comment se déroule la procédure de préemption ?
La procédure commence par la notification de vente au locataire, qui a deux mois pour répondre. En cas d'acceptation, un compromis de vente est signé. Si la procédure n'est pas respectée, le locataire peut saisir le tribunal (Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989).
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Quelles sont les conditions pour exercer le droit de préemption ?
Pour exercer le droit de préemption, le logement doit être loué vide et constituer la résidence principale du locataire. Le propriétaire doit notifier la vente par lettre recommandée ou acte d'huissier, et le locataire a deux mois pour répondre (Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989).
Le droit de préemption s'applique-t-il aux locations meublées ?
Non, le droit de préemption ne s'applique pas aux locations meublées. Il concerne uniquement les logements loués vides, selon l'Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
Que faire si le propriétaire ne respecte pas la procédure de préemption ?
Si le propriétaire ne respecte pas la procédure, le locataire peut saisir le tribunal pour faire valoir ses droits. Il est essentiel de conserver toutes les preuves de non-respect pour soutenir sa demande (Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989).
Le locataire peut-il contester une vente à un tiers ?
Oui, si les conditions initiales de vente ne sont pas respectées, le locataire peut contester la vente à un tiers. Le tribunal peut annuler la vente ou ordonner la vente au locataire (Cass. civ. 3e, 3 mai 2006, n° 05-13.255).
Comment se déroule la procédure de préemption ?
La procédure commence par la notification de vente au locataire, qui a deux mois pour répondre. En cas d'acceptation, un compromis de vente est signé. Si la procédure n'est pas respectée, le locataire peut saisir le tribunal (Art. 15-II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989).
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