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Expulsion d’un locataire : procédure complète et délais

L’expulsion d’un locataire est l’une des procédures les plus encadrées du droit français. Elle ne peut jamais être réalisée par le bailleur lui-même : seul un jugement du tribunal judiciaire, suivi du concours de la force publique, permet de reprendre possession du logement. Avant de lancer cette procédure lourde, la mise en demeure et le plan d’apurement sont redoutables. Consultez notre étude de cas sur la résolution amiable d’une dette de 4 200 € en 25 jours sans passer par le juge. Cet article détaille chaque étape de la procédure, les délais imposés par la loi et les recours du bailleur en cas de blocage administratif.

Publié le · Mis à jour le Par Thomas Gayon, Équipe juridique — juristes diplômés en droit français · Relu par Me Sandy Lacroix, Avocate au Barreau de Tulle
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Maître Sandy Lacroix
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Expulsion d’un locataire : procédure — guide juridique complet avec références légales
En bref

L’expulsion d’un locataire en France suit une procédure stricte : commandement de payer (2 mois), assignation au tribunal judiciaire, jugement, commandement de quitter les lieux (2 mois), puis concours de la force publique. Durée totale : 12 à 24 mois. La trêve hivernale (1er novembre – 31 mars) suspend toute expulsion sauf exceptions légales.

Les motifs légaux d’expulsion du locataire

Le bailleur ne peut demander l’expulsion de son locataire que pour des motifs limitativement prévus par la loi :

Dans tous les cas, l’expulsion ne peut intervenir qu’après une décision de justice.

Le commandement de payer : point de départ de la procédure (2 mois)

En cas d’impayés de loyer, la procédure commence obligatoirement par un commandement de payer délivré par commissaire de justice (anciennement huissier). Ce commandement est imposé par l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989 pour les baux d’habitation comportant une clause résolutoire.

Le commandement doit :

Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, le commandement de payer doit être signalé à la CCAPEX dans un délai de 2 mois. Coût du commandement : environ 150 à 250 € (frais de commissaire de justice), récupérables sur le locataire.

Attention : si le locataire règle l’intégralité de sa dette (principal, intérêts et frais) dans le délai de 2 mois, la clause résolutoire est neutralisée et la procédure s’arrête automatiquement.

L’assignation devant le tribunal judiciaire

Si le commandement de payer reste sans effet après le délai de 2 mois, le bailleur assigne le locataire devant le juge des contentieux de la protection (JCP) du tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble.

Conditions de l’assignation :

À l’audience, le juge constate l’acquisition de la clause résolutoire ou prononce la résiliation judiciaire du bail. Il peut accorder au locataire des délais de paiement allant jusqu’à 3 ans pour apurer sa dette si le locataire est en mesure de reprendre le versement du loyer courant (art. 24 V). Pendant ce délai, la clause résolutoire est suspendue. Si le locataire respecte l’échéancier, la clause est réputée n’avoir jamais joué.

Le jugement ordonnant l’expulsion est susceptible d’appel dans un délai de 15 jours (procédure accélérée). L’appel n’est pas suspensif sauf si le premier président de la Cour d’appel l’ordonne.

Les délais accordés au locataire et la trêve hivernale

Le Code des procédures civiles d’exécution (CPCE) protège le locataire par des délais supplémentaires après le prononcé du jugement d’expulsion :

La trêve hivernale (art. L.412-6 CPCE) interdit toute expulsion du 1er novembre au 31 mars de chaque année, sauf dans certains cas limitatifs :

🧮 Délais cumulés typiques :

Premier impayé → commandement de payer (1 mois) → délai de 2 mois → assignation (2 mois avant audience) → audience + jugement (2 à 4 mois) → commandement de quitter (2 mois) → demande force publique (2 mois) + trêve hivernale éventuelle = 12 à 24 mois minimum.

Le concours de la force publique et l’indemnisation du bailleur

Une fois tous les délais expirés, si le locataire refuse de quitter les lieux, le bailleur doit demander le concours de la force publique au préfet de département (art. L.153-1 du CPCE). Le préfet dispose d’un délai de 2 mois pour répondre.

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La demande d’indemnisation est adressée au préfet par LRAR. En cas de refus ou de silence pendant 2 mois, le bailleur saisit le tribunal administratif (recours de plein contentieux). La jurisprudence du Conseil d’État est constante : l’indemnisation est due dès que le refus excède le délai raisonnable (CE, 30 novembre 2015, n° 383378). Les montants vont de quelques milliers d’euros à plus de 50 000 €.

Le cas particulier du squat (loi du 27 juillet 2023)

La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 (dite loi « anti-squat ») a considérablement renforcé les droits des propriétaires face aux occupants sans droit ni titre :

Le propriétaire doit néanmoins prouver que le logement constitue son domicile principal ou qu’il s’agit d’un logement offert à la location : les locaux commerciaux vacants ou les résidences secondaires inoccupées relèvent d’un régime moins protecteur.

Erreurs à éviter et conseils pratiques pour le bailleur

L’expulsion du locataire est un parcours semé d’embûches procédurales. Voici les erreurs les plus fréquentes :

Conservez scrupuleusement toutes les preuves : historique des paiements, échanges écrits (emails, SMS, LRAR), photos des dégradations datées.

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TG
Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr. Passionné de LegalTech, il automatise la rédaction de documents juridiques pour les litiges immobiliers et locatifs. Profil complet →

Avertissement : Cet article a une vocation informative. La législation immobilière varie selon le type de bail, la zone géographique et la date de signature. Consultez un professionnel du droit pour une analyse de votre situation.

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