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Indemnité de licenciement : calcul et règles en 2026

Le licenciement est l'une des ruptures de contrat les plus encadrées par le droit français. Au cœur de ce dispositif protecteur figure l'indemnité légale de licenciement, dont les règles de calcul ont été réformées par les ordonnances Travail de septembre 2017. En 2026, comprendre précisément comment est calculée cette indemnité — et quand elle est due — est indispensable pour tout salarié confronté à un licenciement. Ce guide détaille les conditions d'ouverture du droit, la méthode de calcul étape par étape, l'assiette salariale, les cas particuliers (temps partiel, arrêt maladie, années incomplètes), le barème Macron et les recours en cas de litige.

Publié le · Mis à jour le Par Thomas Gayon, Équipe juridique — juristes diplômés en droit français · Relu par Me Sandy Lacroix, Avocate au Barreau de Tulle
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Maître Sandy Lacroix
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Indemnité licenciement calcul 2026 : guide complet — guide juridique complet avec références légales
En bref

Depuis les ordonnances Macron de 2017, l'indemnité légale de licenciement est due dès 8 mois d'ancienneté. Son montant se calcule sur la base de 1/4 de mois par année pour les 10 premières années, puis 1/3 au-delà. La convention collective peut prévoir un régime plus favorable. En cas de non-paiement, le conseil de prud'hommes est compétent.

Dernière vérification juridique : 22/03/2026

Définition juridique de l'indemnité de licenciement

L'indemnité de licenciement est la somme que l'employeur doit verser au salarié licencié pour compenser la perte involontaire de son emploi. Elle constitue un droit fondamental consacré par l'Art. L1234-9 du Code du travail. Ce texte dispose que tout salarié en CDI, licencié après au moins huit mois d'ancienneté ininterrompue, a droit à une indemnité de licenciement — sauf faute grave ou lourde de sa part.

Cette indemnité est distincte des autres créances nées de la rupture : indemnité compensatrice de préavis, indemnité compensatrice de congés payés, et éventuels dommages-intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Elle constitue un plancher légal : la convention collective, le contrat de travail ou un accord d'entreprise peuvent toujours prévoir un régime plus favorable au salarié. La chambre sociale de la Cour de cassation rappelle régulièrement que les dispositions légales s'appliquent à défaut de stipulations conventionnelles plus avantageuses.

Fiscalement, l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des montants suivants : deux fois la rémunération brute annuelle de l'année précédant le licenciement, ou la moitié de l'indemnité totale reçue. La fraction excédentaire est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Conditions d'ouverture du droit

Depuis les ordonnances du 22 septembre 2017, l'Art. L1234-9 du Code du travail exige une ancienneté minimale de huit mois — contre un an avant la réforme — pour ouvrir le droit à l'indemnité légale. Trois conditions cumulatives doivent être réunies :

Les conventions collectives peuvent prévoir des seuils d'ancienneté inférieurs (certaines branches ouvrent le droit dès six mois) ou des montants supérieurs au plancher légal. Il convient donc de toujours consulter la convention collective applicable à l'entreprise.

Calcul de l'indemnité : formule légale étape par étape

La formule de calcul est fixée par l'Art. R1234-2 du Code du travail :

Le salaire de référence est défini par l'Art. R1234-4 du Code du travail comme le montant le plus favorable entre :

Cette règle du « meilleur des deux » protège les salariés à rémunération variable concentrée sur certains mois, ou dont le salaire aurait baissé en cours d'année.

Formule : Indemnité = (Salaire de référence × 1/4 × années ≤ 10) + (Salaire de référence × 1/3 × années > 10)

Assiette salariale : quels éléments intégrer ?

L'assiette du salaire de référence est large. Elle comprend tous les éléments habituels de rémunération versés en contrepartie du travail, notamment :

Sont en revanche exclus de l'assiette :

La chambre sociale de la Cour de cassation apprécie souverainement, au cas par cas, le caractère habituel ou exceptionnel d'une prime. En cas de litige, les bulletins de salaire des 12 à 36 derniers mois constituent la pièce maîtresse à conserver.

Convention collective vs minimum légal

La loi fixe un plancher — jamais un plafond. La convention collective de branche applicable peut prévoir des conditions plus favorables pour le salarié, notamment :

Pour identifier la convention collective applicable, le salarié doit consulter :

  1. Son bulletin de salaire — la convention collective doit y être mentionnée conformément à l'Art. R3243-1 du Code du travail ;
  2. L'affichage obligatoire dans l'entreprise ou le registre du personnel ;
  3. La base de données legifrance.gouv.fr, rubrique « Conventions collectives ».

Lorsque la convention collective prévoit des conditions inférieures au plancher légal — résultat d'une rédaction ancienne — c'est toujours l'Art. L1234-9, d'ordre public, qui s'applique. La disposition la plus favorable au salarié prime en toutes circonstances.

Cas particuliers : temps partiel, maladie, années incomplètes

Salarié à temps partiel

L'indemnité d'un salarié ayant travaillé successivement à temps complet et à temps partiel est calculée proportionnellement aux périodes d'emploi effectuées à l'un et l'autre régime (Art. L3123-5 al. 4 du Code du travail). L'ancienneté totale est retenue, mais le salaire de référence est calculé séparément pour chaque période puis les montants sont additionnés.

Arrêt maladie ou accident du travail

La suspension du contrat pour maladie n'interrompt pas l'ancienneté. Si un arrêt de travail couvre tout ou partie des 12 derniers mois, les mensualités comportant uniquement des indemnités journalières de la Sécurité sociale sont remplacées, pour le calcul de l'assiette, par la rémunération que le salarié aurait perçue s'il avait travaillé — afin de ne pas le pénaliser du fait de son état de santé.

Congé maternité ou parental

Ces périodes sont assimilées à du temps de travail effectif pour le calcul de l'ancienneté. Le salaire de référence est reconstitué sur la base du salaire qu'aurait perçu la salariée si elle avait travaillé normalement, en application du principe de non-discrimination liée à la maternité.

Années incomplètes

Conformément à l'Art. R1234-2 al. 2, les mois incomplets sont pris en compte au prorata temporis. Un salarié comptant 7 ans et 4 mois d'ancienneté bénéficiera de (7 + 4/12) × (1/4 du salaire de référence) de mois d'indemnité. Cette prise en compte des fractions d'année est une avancée introduite par les ordonnances de 2017.

Barème Macron et indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse

Le barème dit « barème Macron », codifié à l'Art. L1235-3 du Code du travail, fixe les planchers et plafonds d'indemnisation accordés par le conseil de prud'hommes en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il s'agit d'une indemnité distincte, cumulable avec l'indemnité légale de licenciement. À titre indicatif :

En cas de licenciement nul (discrimination, harcèlement, violation d'une liberté fondamentale, dénonciation d'un crime ou d'un délit, maternité), le barème Macron ne s'applique pas : le juge apprécie librement le préjudice et peut allouer une indemnité supérieure au plafond. La réintégration peut également être ordonnée si le salarié la demande.

Cas pratiques avec calculs chiffrés

Cas 1 — 12 ans d'ancienneté, salaire fixe de 3 200 €/mois

Salaire de référence = 3 200 € (identique quel que soit le mode de calcul).

Cas 2 — 5 ans et 9 mois, rémunération variable (prime annuelle 6 000 €)

Salaire fixe mensuel : 2 500 €. Prime versée en décembre : 6 000 €.

Cas 3 — Salariée passée de mi-temps à temps complet

4 ans à mi-temps (salaire 1 100 €/mois) puis 6 ans à temps complet (salaire 2 600 €/mois).

Procédure pas à pas si l'employeur ne paie pas

  1. Vérifier le reçu pour solde de tout compte — à la rupture du contrat, l'employeur remet ce document. Vérifiez que l'indemnité y est bien mentionnée et que le montant est correct. En cas d'absence ou d'insuffisance, apposez des réserves écrites avant de signer.
  2. Calculer soi-même l'indemnité — rassemblez vos bulletins de salaire des 12 (ou 36) derniers mois, déterminez votre ancienneté exacte à la date de fin de préavis, appliquez la formule légale et vérifiez la convention collective applicable.
  3. Mise en demeure par lettre recommandée (LRAR) — adressez à l'employeur une LRAR réclamant le paiement du différentiel dans un délai de 15 jours. Citez explicitement l'Art. L1234-9 et l'Art. R1234-2 du Code du travail ainsi que le montant exact calculé.
  4. Saisine du conseil de prud'hommes — si l'employeur ne répond pas favorablement, saisissez le conseil de prud'hommes du lieu d'exécution du contrat (Art. L1411-1 du Code du travail). Le délai de prescription est de 3 ans à compter de la date à laquelle la créance est devenue exigible (Art. L1471-1 du Code du travail).
  5. Bureau de conciliation et d'orientation (BCO) — toute action prud'homale débute par une audience de conciliation. En l'absence d'accord, le dossier est renvoyé devant le bureau de jugement.
  6. Exécution forcée — si l'employeur condamné ne s'exécute pas spontanément, recourez à un commissaire de justice pour une saisie sur comptes bancaires ou une saisie-vente des biens.

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Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr, expert en LegalTech. Il conçoit des outils d'automatisation pour aider salariés et employeurs à comprendre leurs droits et obligations. Profil complet →

Questions fréquentes

Depuis combien de temps doit-on travailler pour toucher l'indemnité de licenciement ?

Depuis les ordonnances Macron de septembre 2017, l'ancienneté minimale est de 8 mois ininterrompus dans l'entreprise (Art. L1234-9 du Code du travail). Avant cette réforme, le seuil était d'1 an. Les conventions collectives peuvent prévoir un seuil inférieur.

Comment calculer concrètement l'indemnité légale de licenciement ?

Appliquez la formule de l'Art. R1234-2 du Code du travail : 1/4 de mois de salaire de référence par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 à partir de la 11e. Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois. Les années incomplètes sont prises en compte au prorata des mois.

Les primes et avantages en nature sont-ils pris en compte ?

Oui. L'assiette intègre tous les éléments habituels de rémunération : primes d'ancienneté, de résultats, de 13e mois, avantages en nature, heures supplémentaires régulières, commissions. Sont exclus les remboursements de frais, l'intéressement, la participation et les primes strictement exceptionnelles non répétées.

La convention collective peut-elle être plus favorable que la loi ?

Oui, toujours. La loi fixe un plancher, jamais un plafond. La convention collective, un accord d'entreprise ou le contrat de travail peut prévoir des taux supérieurs, un seuil d'ancienneté inférieur ou une assiette élargie. La disposition la plus favorable au salarié prime en toutes circonstances.

Quelle est la prescription pour réclamer une indemnité de licenciement non payée ?

Le délai de prescription est de 3 ans à compter du jour où la créance est devenue exigible (Art. L1471-1 du Code du travail). Au-delà, l'action est irrecevable. Agissez rapidement : mise en demeure d'abord, puis saisine du conseil de prud'hommes si nécessaire.

Peut-on cumuler indemnité légale et dommages-intérêts pour licenciement abusif ?

Oui. En cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, le salarié perçoit l'indemnité légale (ou conventionnelle) à laquelle s'ajoutent des dommages-intérêts dans les limites du barème Macron (Art. L1235-3 du Code du travail). En cas de licenciement nul (discrimination, maternité, harcèlement), le barème ne s'applique pas et le juge peut allouer une indemnité supérieure.

Comment est traitée fiscalement l'indemnité de licenciement ?

L'indemnité légale ou conventionnelle est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du plus élevé des montants suivants : deux fois la rémunération brute annuelle de l'année précédente, ou la moitié de l'indemnité totale (plafonnée à 6 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale pour l'exonération de cotisations). La fraction supérieure est imposable.

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Avertissement : Les informations présentées ici sont générales et ne remplacent pas un conseil juridique. Le droit du travail dépend fortement de votre convention collective et de votre situation individuelle. Rapprochez-vous d'un avocat en droit social ou de l'inspection du travail.

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