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Droit du travail

Salaire impayé : comment récupérer 3 200 € d'heures supplémentaires en 18 jours

Étude de cas : un salarié récupère 3 200 € d'heures supplémentaires impayées en 18 jours grâce à une mise en demeure structurée et au Code du travail (art. L3171-4).

Profil : Salarié en CDI — secteur restauration (cuisinier depuis 3 ans) Montant : 3 200 € net Durée : 18 jours Issue : Paiement intégral + bulletins rectifiés Ville : Lyon, France Mis à jour : mars 2026

Contexte

M. K., cuisinier en CDI dans un restaurant lyonnais depuis 3 ans, effectuait régulièrement 10 à 15 heures supplémentaires par semaine (services du soir, week-ends, mise en place) sans qu’elles apparaissent sur ses bulletins de paie. Le restaurant, d’une capacité de 60 couverts, tournait avec seulement 2 cuisiniers au lieu des 3 prévus — imposant de facto des heures supplémentaires systématiques. Après plusieurs demandes verbales restées sans suite, M. K. décide de formaliser sa réclamation. Le cumul sur les 8 derniers mois représente 3 200 € net (heures majorées à 25 % pour les 8 premières heures hebdomadaires et 50 % au-delà).

La problématique

Le principal obstacle est la preuve. L’employeur nie toute heure supplémentaire et se retranche derrière l’absence de demande écrite préalable, arguant que M. K. restait « de son plein gré ». Pourtant, comme le détaille notre guide sur les heures supplémentaires non payées, la charge de la preuve est partagée (art. L3171-4 C. trav.) : le salarié fournit des éléments suffisamment précis (plannings, messages, pointages), puis c’est à l’employeur de produire son propre décompte réel du temps de travail. S’il ne le peut pas, les tribunaux retiennent les éléments du salarié.

La stratégie étape par étape

M. K. a utilisé le générateur Dossier Juridique (Litige Salaire impayé) pour constituer un dossier solide et contraindre son employeur à régulariser sans passer par les prud’hommes.

  1. Jour 1-3 : Constitution du dossier de preuves

    M. K. rassemble ses éléments : planning affiché en cuisine (photos), messages WhatsApp du manager demandant de rester après le service, pointages de badge d'entrée/sortie, témoignage écrit d'un collègue. Le générateur calcule automatiquement le décompte semaine par semaine avec les majorations légales (25 % puis 50 %).

  2. Jour 4 : Envoi de la mise en demeure LRAR

    Mise en demeure adressée au siège de la société (et non au gérant en personne). Elle cite les articles L3121-28, L3121-36 et L3171-4 du Code du travail, détaille le décompte (3 200 € net) et fixe un délai de 15 jours pour régulariser, sous peine de saisine des prud'hommes.

  3. Jour 10 : Réaction de l'employeur

    Le gérant contacte M. K. et propose un « arrangement » à 1 500 €. M. K. refuse et maintient sa demande intégrale, rappelant que la prescription de 3 ans (art. L3245-1) lui permettrait de réclamer bien davantage.

  4. Jour 15 : Intervention du comptable

    Le cabinet comptable de l'entreprise confirme les pointages de badge. L'employeur réalise qu'un passage aux prud'hommes coûterait plus cher (article 700 CPC + dommages-intérêts pour travail dissimulé). Il accepte le paiement intégral.

  5. Jour 18 : Résolution

    Virement de 3 200 € net sur le compte de M. K., accompagné de 8 bulletins de paie rectifiés mentionnant les heures supplémentaires. L'employeur s'engage par écrit à respecter le décompte horaire à l'avenir.

Résultat

Résultat final
3 200 €

Paiement intégral de 3 200 € net obtenu en 18 jours, sans passer par les prud'hommes. Coût total : 14,99 € (dossier) + 5,50 € (LRAR). En prime, M. K. a obtenu la rectification de ses 8 derniers bulletins de paie, ce qui régularise ses droits à la retraite et au chômage. La clé : un décompte précis semaine par semaine avec les majorations légales (25 % puis 50 %) et la menace crédible d'une requalification en travail dissimulé (6 mois de salaire d'indemnité forfaitaire).

L'avis de notre expert juridique

« En droit du travail, la charge de la preuve des heures supplémentaires est partagée (art. L3171-4 C. trav.). Le salarié n'a pas à prouver chaque heure de façon irréfutable : il suffit qu'il fournisse des éléments suffisamment précis (planning, messages WhatsApp, pointages de badge, témoignages de collègues). C'est ensuite à l'employeur de produire le décompte réel du temps de travail. Cette asymétrie protège fortement le salarié et rend la mise en demeure très efficace. Point clé : la prescription est de 3 ans (art. L3245-1), ce qui permet de réclamer un rappel conséquent. La menace de requalification en travail dissimulé (6 mois de salaire d'indemnité forfaitaire) est un levier de négociation décisif. »

Références légales

Questions fréquentes

Combien de temps ai-je pour réclamer des heures supplémentaires impayées ?
La prescription est de 3 ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits (art. L3245-1 C. trav.). Pour un décompte détaillé des majorations, consultez notre guide complet sur les heures supplémentaires.
Mon employeur peut-il me licencier si je réclame mes heures supplémentaires ?
Non. Réclamer le paiement d'heures supplémentaires est un droit fondamental. Un licenciement en représailles serait nul (art. L1132-1 C. trav.) et exposerait l'employeur à une indemnité minimale de 6 mois de salaire.
Que risque l'employeur qui ne déclare pas les heures supplémentaires ?
Le non-paiement intentionnel des heures supplémentaires peut être requalifié en travail dissimulé (art. L8221-5 C. trav.), sanctionné par une indemnité forfaitaire de 6 mois de salaire minimum, en plus du rappel de salaire. Voir aussi notre article sur le solde de tout compte non versé pour les cas de départ.

Vos heures supplémentaires ne sont pas payées ?

Calculez le montant exact de vos heures supplémentaires avec les majorations légales (25 % et 50 %) et générez une mise en demeure fondée sur les articles L3171-4 et L3121-36 du Code du travail. Le décompte semaine par semaine est calculé automatiquement. Prête à envoyer en 5 minutes.

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