RGPD / Protection des données

Prospection commerciale B2C et RGPD : cadre juridique, obligations et sanctions en 2026

Courriels promotionnels, SMS publicitaires, appels téléphoniques automatisés : les entreprises disposent aujourd'hui d'un arsenal de canaux pour solliciter les consommateurs. Depuis l'entrée en application du règlement général sur la protection des données (RGPD) le 25 mai 2018, conjugué aux dispositions nationales du Code des postes et des communications électroniques et du Code de la consommation, le régime juridique de la prospection commerciale B2C (business to consumer) s'est considérablement durci. Consentement préalable, information transparente, respect effectif des droits d'opposition : toute entreprise qui prospecte des particuliers doit maîtriser ces exigences sous peine de sanctions administratives dissuasives prononcées par la CNIL.

8 min de lecture Niveau intermediaire MAJ 2026-04-26 France · droit civil
TG
Auteur
Thomas Gayon
SL
Validé par
Me Sandy Lacroix, Avocate

En bref

La prospection commerciale B2C par voie électronique exige le consentement préalable du destinataire (opt-in), sauf exception du soft opt-in pour les clients existants. Les manquements exposent à des sanctions CNIL pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial.

Le cadre normatif applicable à la prospection B2C

Texte de loi

Art. L34-5 CPCE

« Est interdite la prospection directe au moyen d'automates d'appel, de télécopieurs ou de courriers électroniques utilisant les coordonnées d'une personne physique n'ayant pas exprimé préalablement son consentement à recevoir de tels messages. »

Source : CPCE — article consolidé

Texte de loi

Art. 6 RGPD (Règl. (UE) 2016/679)

« Le traitement n'est licite que si la personne concernée a consenti au traitement de ses données pour une ou plusieurs finalités spécifiques, ou si le responsable peut se prévaloir d'une autre base légale limitativement énumérée. »

Source : RGPD — texte officiel

Le consentement préalable : clé de voûte du dispositif

Texte de loi

Art. 7 RGPD (Règl. (UE) 2016/679)

« Le responsable du traitement est en mesure de démontrer que la personne concernée a donné son consentement. Lorsque le consentement est donné dans le cadre d'une déclaration écrite qui concerne également d'autres questions, la demande de consentement est présentée de manière distinguée. »

Source : RGPD — texte officiel

À éviter

Cases précochées : nullité du consentement

Une case cochée par défaut dans un formulaire d'inscription ne constitue pas un consentement valide au sens du RGPD. La CNIL requalifie systématiquement ces pratiques et prononce des sanctions, y compris lorsque le consommateur pouvait théoriquement décocher la case.

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L'exception du « soft opt-in » et ses conditions strictes

Bon à savoir

Documenter rigoureusement le soft opt-in

Conservez la preuve de chaque achat fondant le recours au soft opt-in : date de la transaction, produit concerné, information délivrée au client et mention du droit d'opposition. Cette traçabilité est décisive en cas de contrôle CNIL.

Droits des personnes démarchées et obligations d'information

Texte de loi

Art. 21, §2 RGPD (Règl. (UE) 2016/679)

« Lorsque les données à caractère personnel sont traitées à des fins de prospection, la personne concernée a le droit de s'opposer à tout moment au traitement de ses données à cette fin, y compris au profilage lié à cette prospection. »

Source : RGPD — texte officiel

Texte de loi

Art. L223-1 C. consom.

« Le consommateur peut s'inscrire gratuitement sur une liste d'opposition au démarchage téléphonique (Bloctel). Il est interdit à un professionnel de démarcher téléphoniquement un consommateur inscrit sur cette liste, sauf relation contractuelle préexistante. »

Source : Code de la consommation — article consolidé

Sanctions administratives et pénales : un arsenal dissuasif

Texte de loi

Art. 83, §5 RGPD (Règl. (UE) 2016/679)

« Les violations des dispositions relatives au consentement sont soumises à des amendes administratives pouvant s'élever jusqu'à 20 000 000 EUR ou, dans le cas d'une entreprise, jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial total de l'exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu. »

Source : RGPD — texte officiel

À éviter

Sous-traitants et courtiers en données

Le responsable de traitement demeure pleinement responsable des données exploitées, même lorsqu'elles proviennent d'un prestataire tiers ou d'un courtier en données. L'achat de fichiers de prospection non conformes engage directement la responsabilité de l'acquéreur devant la CNIL.

Mise en conformité opérationnelle : les étapes essentielles

Bon à savoir

Constituer un registre horodaté des consentements

Conservez pour chaque prospect la date, l'heure, le support de recueil (formulaire web, point de vente) et le contenu exact de la mention d'information acceptée. Ce registre constitue votre preuve principale en cas de contrôle CNIL.

Bon à savoir

Respecter la durée de conservation de trois ans

La CNIL recommande de supprimer les données de prospection trois ans après le dernier contact actif avec le prospect. Paramétrez une purge automatique de vos bases pour garantir le respect de ce délai.

Questions fréquentes

Peut-on envoyer des e-mails commerciaux à un particulier sans son consentement ?

Non, l'article L34-5 du CPCE interdit toute prospection électronique B2C sans consentement préalable. Seule l'exception du soft opt-in permet de prospecter un client existant pour des produits analogues, sous conditions cumulatives strictes.

Qu'est-ce que le soft opt-in en matière de prospection commerciale ?

Le soft opt-in est une exception légale permettant de prospecter par voie électronique un client existant sans consentement spécifique, à condition que les données aient été collectées lors d'une vente, que la prospection concerne des produits analogues et que le client puisse s'opposer simplement.

Quelles sanctions risque une entreprise pour prospection commerciale non conforme ?

La CNIL peut infliger des amendes allant jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires mondial. L'article 226-18 du Code pénal prévoit en outre cinq ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende pour collecte frauduleuse ou déloyale de données.

Comment un consommateur peut-il faire cesser le démarchage commercial ?

Il peut exercer son droit d'opposition auprès de l'entreprise (article 21 du RGPD), qui doit cesser immédiatement. Pour le démarchage téléphonique, l'inscription gratuite sur la liste Bloctel vaut opposition générale. En cas de refus, une réclamation peut être déposée auprès de la CNIL.

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Avertissement : Cet article a une vocation informative. La législation rgpd / protection des données varie selon les circonstances de chaque situation. Nous vous recommandons de consulter un avocat spécialisé pour une analyse de votre situation.

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Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr. Passionné de LegalTech, il automatise la rédaction de documents juridiques pour les litiges rgpd / protection des données. Découvrir le parcours de Thomas Gayon →