Droit du travail

Arrêt maladie et maintien de salaire : droits, montants et démarches en 2026

Lorsqu'un salarié se trouve contraint d'interrompre son activité professionnelle pour cause de maladie ou d'accident, la question du maintien de sa rémunération revêt une importance capitale. Le droit français organise un dispositif protecteur à deux niveaux : les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale d'une part, le complément de salaire à la charge de l'employeur d'autre part. Ce mécanisme, hérité de l'accord national interprofessionnel du 10 décembre 1977 sur la mensualisation et codifié aux articles L1226-1 et suivants du Code du travail, a été élargi par la loi du 25 juin 2008 portant modernisation du marché du travail. Conditions d'ancienneté, barème de calcul, délai de carence, rôle de la convention collective, subrogation et contrôles patronaux : chaque composante obéit à des règles précises que tout salarié doit connaître pour faire valoir ses droits et que tout employeur doit respecter sous peine de contentieux prud'homal.

8 min de lecture Niveau intermediaire MAJ 2026-04-23 France · droit civil
TG
Auteur
Thomas Gayon
SL
Validé par
Me Sandy Lacroix, Avocate

En bref

En arrêt maladie, le salarié ayant un an d'ancienneté perçoit un complément employeur : 90 % du brut pendant 30 jours, puis deux tiers les 30 suivants, après 7 jours de carence. La convention collective peut offrir des garanties supérieures.

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Indemnités journalières de la Sécurité sociale et subrogation

Jurisprudence

Cass. soc., 1er février 2012, n° 10-27.308

« Le droit à l'allocation conventionnelle pour maladie n'est pas subordonné au versement d'indemnités journalières par la Sécurité sociale, dès lors que la convention collective ne prévoit pas expressément cette condition. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Bon à savoir

Demandez la subrogation à votre employeur

La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement les indemnités journalières et d'avancer l'intégralité du complément, évitant toute rupture de trésorerie pour le salarié pendant son arrêt.

Le maintien conventionnel et le principe de faveur

Jurisprudence

Cass. soc., 8 avril 2009, n° 07-41.345

« Le maintien du salaire conventionnel en cas de maladie s'applique à tous les salariés couverts par la convention, y compris les non-titulaires, sauf exclusion expresse du texte. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Jurisprudence

Cass. soc., 20 octobre 2015, n° 14-16.503

« Le maintien conventionnel du salaire net peut être subordonné à la signature par le salarié des documents nécessaires au remboursement des indemnités journalières par la Sécurité sociale. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Cas particuliers, contrôles et incidences pratiques

Jurisprudence

Cass. soc., 18 octobre 2006, n° 05-41.408

« Les cures thermales médicalement prescrites ouvrent droit au maintien conventionnel de salaire lorsque l'accord de prise en charge de l'assurance maladie tient lieu d'arrêt de travail. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Bon à savoir

Vérifiez votre convention collective et votre contrat de prévoyance

Avant tout arrêt prolongé, consultez votre convention de branche et votre contrat de prévoyance complémentaire : ces textes peuvent considérablement améliorer la couverture légale minimale et supprimer le délai de carence.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour bénéficier du maintien de salaire en arrêt maladie ?

Le salarié doit justifier d'au moins un an d'ancienneté dans l'entreprise, transmettre son certificat médical à l'employeur dans les quarante-huit heures, être pris en charge par la Sécurité sociale et recevoir ses soins en France ou dans l'Union européenne. Le complément de salaire employeur débute après un délai de carence de sept jours calendaires, supprimé en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.

Quel est le montant du maintien de salaire légal pendant un arrêt maladie ?

Le salarié perçoit quatre-vingt-dix pour cent de son salaire brut pendant les trente premiers jours indemnisés, puis les deux tiers pendant les trente jours suivants. Ces durées augmentent de dix jours par tranche de cinq années d'ancienneté au-delà de la première année requise. Le complément est versé déduction faite des indemnités journalières de la Sécurité sociale.

La convention collective peut-elle améliorer le maintien de salaire légal ?

Oui, de nombreuses conventions collectives prévoient des conditions plus avantageuses que le minimum légal : suppression du délai de carence, maintien à cent pour cent du salaire net, durées d'indemnisation prolongées ou ancienneté réduite. Le principe de faveur garantit au salarié l'application de la disposition la plus favorable. Il est essentiel de consulter sa convention de branche pour connaître l'étendue exacte de ses droits.

L'employeur peut-il contrôler un salarié pendant son arrêt maladie ?

L'employeur peut organiser une contre-visite médicale par un médecin de son choix pendant l'arrêt de travail du salarié. Si ce médecin conclut à l'aptitude du salarié à reprendre le travail, l'employeur peut suspendre le versement du complément de salaire. Cette suspension n'affecte pas les indemnités journalières de la Sécurité sociale, qui relèvent exclusivement de la compétence de la caisse primaire d'assurance maladie.

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Avertissement : Cet article a une vocation informative. La législation droit du travail varie selon les circonstances de chaque situation. Nous vous recommandons de consulter un avocat spécialisé pour une analyse de votre situation.

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Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr. Passionné de LegalTech, il automatise la rédaction de documents juridiques pour les litiges droit du travail. Découvrir le parcours de Thomas Gayon →