Propriété intellectuelle

Saisie-contrefaçon en douane : procédure complète et droits du titulaire de propriété intellectuelle

La contrefaçon constitue un fléau économique touchant tous les secteurs d'activité, des produits de luxe aux médicaments. Pour les titulaires de droits de propriété intellectuelle, les frontières représentent un point de contrôle stratégique permettant d'intercepter les marchandises illicites avant leur diffusion sur le marché. La saisie-contrefaçon en douane combine deux mécanismes complémentaires : la retenue douanière européenne, organisée par le règlement (UE) n° 608/2013, et la saisie-contrefaçon judiciaire prévue par le Code de la propriété intellectuelle. La maîtrise de ces procédures imbriquées, de leurs délais impératifs et de leur articulation avec le contentieux civil et pénal constitue un enjeu majeur pour toute stratégie de protection efficace des droits en 2026.

8 min de lecture Niveau intermediaire MAJ 2026-04-26 France · droit civil
TG
Auteur
Thomas Gayon
SL
Validé par
Me Sandy Lacroix, Avocate

En bref

La saisie-contrefaçon en douane intercepte les marchandises contrefaisantes aux frontières via la retenue douanière (règlement UE 608/2013) et la saisie judiciaire (CPI), avec des délais stricts à respecter sous peine de mainlevée.

Le double cadre juridique : droit européen et Code de la propriété intellectuelle

Texte de loi

Art. R. 521-5 C. propr. intell.

« Le président du tribunal judiciaire peut ordonner, au vu du procès-verbal de saisie, toute mesure pour compléter la preuve des actes de contrefaçon allégués. Le saisi peut solliciter des mesures de confidentialité en justifiant d'un intérêt légitime. »

Source : Légifrance — version consolidée

Texte de loi

Art. L. 521-5 C. propr. intell.

« La juridiction saisie au fond peut ordonner au défendeur la production d'éléments commerciaux ou comptables permettant de déterminer l'ampleur de la contrefaçon et de parfaire les demandes indemnitaires du titulaire de droits. »

Source : Code de la propriété intellectuelle — article consolidé

La demande d'intervention et la procédure de retenue douanière

Jurisprudence

Cass. com., 11 mars 2014, n° 12-22.241

« Le titulaire du droit de propriété intellectuelle doit informer le bureau de douane, dans un délai de dix jours, qu'une procédure judiciaire a été engagée. À défaut, la mainlevée de la retenue est prononcée. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

À éviter

Délai de dix jours : un couperet impératif

Le non-respect du délai d'engagement d'une procédure judiciaire après notification de la retenue entraîne la mainlevée automatique. Le titulaire doit disposer en permanence d'un avocat spécialisé mobilisable sans délai.

📄

Besoin d'un dossier juridique ?

Générez votre dossier complet en 3 minutes — mise en demeure personnalisée, chronologie des faits, plan de relances, signée par Me Sandy Lacroix.

Générer mon dossier →

La saisie-contrefaçon judiciaire : compétence, requête et procès-verbal

Jurisprudence

Cass. com., 26 mars 2008, n° 05-19.782

« Lorsque la juridiction est saisie au fond, la requête en saisie-contrefaçon doit être présentée au président de la chambre à laquelle l'affaire est distribuée ou au juge déjà saisi de l'instance. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Bon à savoir

Préparer un dossier technique exhaustif en amont

Constituez avant toute retenue un dossier complet comportant les visuels des produits authentiques, les éléments distinctifs, les certificats de dépôt et les factures. Cette préparation accélère la rédaction de la requête en saisie-contrefaçon.

Le transit de marchandises : libre circulation et limites de l'intervention douanière

Jurisprudence

Cass. com., 7 juin 2006, n° 04-12.274

« L'opération de transit ne constitue pas une mise sur le marché, laquelle consiste en une offre de vente suivie d'effet. Le simple transit de marchandises légales ne porte pas atteinte aux droits de propriété intellectuelle. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

À éviter

Ne pas confondre transit intracommunautaire et extracommunautaire

L'immunité du transit ne bénéficie qu'aux marchandises légalement fabriquées dans un État membre. Les produits contrefaisants provenant de pays tiers en transit à travers la France restent pleinement saisissables.

Suites judiciaires, sanctions pénales et stratégie de protection globale

Jurisprudence

Cass. com., 8 octobre 2013, n° 12-23.349

« La juridiction saisie au fond d'une action en contrefaçon peut ordonner au défendeur la production d'informations commerciales ou comptables pour déterminer l'origine et l'étendue de la contrefaçon. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Jurisprudence

Cass. crim., 11 février 2009, n° 08-83.516

« Le juge d'instruction peut ordonner la destruction de produits contrefaisants dont la détention est illicite sur le fondement de l'article 99-2 du code de procédure pénale, sans attendre le jugement définitif. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Bon à savoir

Destruction simplifiée ou action au fond : un choix stratégique

La procédure simplifiée est rapide mais ne permet ni indemnisation ni identification des réseaux contrefaisants. L'action au fond offre la réparation complète du préjudice et un effet dissuasif durable sur les contrefacteurs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la retenue douanière de marchandises soupçonnées de contrefaçon ?

La retenue douanière est une mesure administrative par laquelle les agents des douanes suspendent la mainlevée de marchandises soupçonnées de porter atteinte à un droit de propriété intellectuelle. Organisée par le règlement (UE) n° 608/2013, elle permet au titulaire d'examiner les marchandises et de décider d'engager une action judiciaire.

De quel délai dispose le titulaire de droits après notification d'une retenue en douane ?

Le titulaire dispose en principe de dix jours ouvrables à compter de la notification pour engager une procédure judiciaire visant à établir la contrefaçon. Ce délai est susceptible d'une prolongation de dix jours supplémentaires. Son non-respect entraîne la mainlevée automatique de la retenue.

Le simple transit de marchandises sur le territoire français constitue-t-il une contrefaçon ?

Non, le transit de marchandises légalement fabriquées dans un État membre de l'Union européenne ne constitue pas en soi une atteinte aux droits de propriété intellectuelle. En revanche, des marchandises contrefaisantes provenant de pays tiers en transit restent saisissables par les autorités douanières.

Quelle est la différence entre la retenue douanière et la saisie-contrefaçon judiciaire ?

La retenue douanière est une mesure administrative d'initiative douanière visant à bloquer temporairement des marchandises suspectes. La saisie-contrefaçon est une mesure judiciaire ordonnée par le président du tribunal judiciaire, à la requête du titulaire de droits, pour constater et prouver matériellement la contrefaçon.

Engager une procédure près de chez vous

Tribunaux judiciaires et commissaires de justice dans les principales juridictions

Votre ville n'est pas listée ? Voir toutes les juridictions (100+ villes) →

Avertissement : Cet article a une vocation informative. La législation propriété intellectuelle varie selon les circonstances de chaque situation. Nous vous recommandons de consulter un avocat spécialisé pour une analyse de votre situation.

Vous êtes dans cette situation ?

Générez votre dossier complet en 3 minutes — mise en demeure, chronologie des faits, plan de relances, signée par Me Sandy Lacroix.

Générer mon dossier juridique

À partir de 14,99 € · paiement sécurisé · document prêt en quelques minutes

TG
Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr. Passionné de LegalTech, il automatise la rédaction de documents juridiques pour les litiges propriété intellectuelle. Découvrir le parcours de Thomas Gayon →