Droit du travail

Rupture conventionnelle du CDI : procédure, indemnité et recours en 2026

Instaurée par la loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 portant modernisation du marché du travail, la rupture conventionnelle constitue le troisième mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée, aux côtés du licenciement et de la démission. Codifié aux articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail, ce dispositif permet à l'employeur et au salarié de convenir d'un commun accord des conditions de la cessation de leur relation contractuelle. Plébiscitée par les praticiens du droit social, la rupture conventionnelle obéit à un formalisme rigoureux dont la méconnaissance peut entraîner la nullité de l'accord. Indemnité spécifique, délai de rétractation, homologation administrative, allocations chômage, voies de recours : ce guide analyse, à la lumière du droit positif en vigueur en 2026 et de la jurisprudence de la Cour de cassation, l'ensemble des règles encadrant ce mode autonome de rupture.

8 min de lecture Niveau intermediaire MAJ 2026-04-23 France · droit civil
TG
Auteur
Thomas Gayon
SL
Validé par
Me Sandy Lacroix, Avocate

En bref

La rupture conventionnelle permet à l'employeur et au salarié en CDI de rompre le contrat d'un commun accord, avec une indemnité au moins égale au minimum légal de licenciement et une homologation obligatoire par la DREETS.

Définition et cadre juridique de la rupture conventionnelle

Texte de loi

Art. L. 1237-11 C. trav.

« L'employeur et le salarié peuvent convenir en commun des conditions de la rupture du contrat de travail qui les lie. La rupture conventionnelle, exclusive du licenciement ou de la démission, ne peut être imposée par l'une ou l'autre des parties. »

Source : Code du travail — article consolidé

500 000

Conventions homologuées par an

Nombre approximatif de ruptures conventionnelles individuelles homologuées annuellement en France depuis 2022.

Source : DARES 2024

Conditions de validité : consentement libre et salariés concernés

À éviter

Harcèlement moral : la nullité n'est pas automatique

La seule existence d'une situation de harcèlement ne suffit pas à entraîner la nullité de la rupture conventionnelle. Le salarié doit démontrer que cette situation a vicié son consentement, l'empêchant d'exprimer une volonté libre et éclairée lors de la signature.

Texte de loi

Art. L. 1237-15 C. trav.

« La rupture conventionnelle d'un salarié protégé est soumise à l'autorisation de l'inspecteur du travail, dans les conditions de droit commun applicables au licenciement des représentants du personnel. »

Source : Code du travail — article consolidé

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Déroulement de la procédure : entretiens, convention et rétractation

Texte de loi

Art. L. 1237-12 C. trav.

« Les parties au contrat conviennent du principe d'une rupture conventionnelle lors d'un ou plusieurs entretiens au cours desquels le salarié peut se faire assister. L'employeur peut se faire assister lorsque le salarié en fait lui-même usage. »

Source : Code du travail — article consolidé

Bon à savoir

Sécurisez la preuve de votre rétractation

Exercez votre droit de rétractation par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre contre décharge datée. Le délai de quinze jours calendaires court à compter du lendemain de la date de signature par les deux parties.

Indemnité spécifique : calcul du plancher et marge de négociation

Texte de loi

Art. L. 1237-13 C. trav.

« La convention de rupture définit les conditions de celle-ci, notamment le montant de l'indemnité spécifique de rupture conventionnelle, qui ne peut être inférieur à celui de l'indemnité légale de licenciement prévue à l'article L. 1234-9. »

Source : Code du travail — article consolidé

Bon à savoir

Consultez votre convention collective avant de négocier

De nombreuses conventions de branche prévoient des indemnités de licenciement supérieures au minimum légal. Ce montant conventionnel constitue alors le véritable plancher de votre indemnité de rupture conventionnelle. Le simulateur TéléRC du ministère du Travail permet de vérifier ce calcul.

Homologation par la DREETS, délai et contentieux

Texte de loi

Art. L. 1237-14 C. trav.

« L'autorité administrative dispose d'un délai d'instruction de quinze jours ouvrables à compter de la réception de la demande. À défaut de notification dans ce délai, l'homologation est réputée acquise et l'autorité administrative est dessaisie. »

Source : Code du travail — article consolidé

Jurisprudence

Cass. soc., 16 décembre 2015, n° 13-27.212

« La chambre sociale a jugé que doit être regardée comme implicitement homologuée toute convention de rupture pour laquelle l'autorité administrative n'a pas notifié de décision expresse dans le délai de quinze jours ouvrables. L'administration est alors dessaisie et ne peut plus remettre en cause la convention. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

À éviter

Délai de douze mois : une forclusion impitoyable

Passé douze mois à compter de la date d'homologation, toute action en contestation est irrecevable, y compris en cas d'homologation tacite. Conservez précieusement votre exemplaire de la convention signée et le récépissé de la demande d'homologation pour préserver vos droits.

Questions fréquentes

La rupture conventionnelle est-elle possible pendant un arrêt maladie ?

Oui. La Cour de cassation admet la validité d'une rupture conventionnelle conclue pendant la suspension du contrat de travail, y compris en arrêt maladie. Les garanties procédurales du dispositif — entretiens, rétractation, homologation — protègent suffisamment le consentement du salarié.

Quel est le montant minimum de l'indemnité de rupture conventionnelle ?

L'indemnité ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à dix ans, un tiers au-delà. Si la convention collective prévoit un montant supérieur, c'est ce dernier qui sert de plancher impératif.

Combien de temps dure au minimum la procédure complète ?

La procédure dure environ quarante-cinq jours incompressibles : un ou plusieurs entretiens, quinze jours calendaires de rétractation, puis quinze jours ouvrables d'instruction par la DREETS. Le contrat ne peut être rompu avant le lendemain du jour d'obtention de l'homologation.

La rupture conventionnelle ouvre-t-elle droit au chômage ?

Oui. Contrairement à la démission, la rupture conventionnelle homologuée constitue une privation involontaire d'emploi ouvrant droit aux allocations d'aide au retour à l'emploi de France Travail, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation.

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Avertissement : Cet article a une vocation informative. La législation droit du travail varie selon les circonstances de chaque situation. Nous vous recommandons de consulter un avocat spécialisé pour une analyse de votre situation.

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Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr. Passionné de LegalTech, il automatise la rédaction de documents juridiques pour les litiges droit du travail. Découvrir le parcours de Thomas Gayon →