Droit pénal

Faux et usage de faux : guide complet sur cette infraction pénale

Le faux et l'usage de faux comptent parmi les infractions les plus courantes et les plus sévèrement réprimées du droit pénal français. Inscrites au titre IV du Code pénal, consacré aux « atteintes à la confiance publique », ces incriminations protègent la fiabilité des écrits servant de preuve dans les rapports juridiques. Du contrat falsifié au faux diplôme, de l'attestation mensongère à l'acte notarié altéré, la diversité des supports concernés témoigne de l'étendue de leur champ d'application. Le justiciable confronté à cette accusation — auteur présumé ou victime — doit maîtriser un régime juridique que la Cour de cassation a progressivement affiné au fil d'une jurisprudence exigeante. Comprendre les éléments constitutifs de l'infraction, l'échelle des peines, les règles de prescription spécifiques et les moyens de défense disponibles est indispensable pour quiconque se trouve confronté à cette qualification pénale en 2026.

8 min de lecture Niveau intermediaire MAJ 2026-04-25 France · droit civil
TG
Auteur
Thomas Gayon
SL
Validé par
Me Sandy Lacroix, Avocate

En bref

Le faux est une altération frauduleuse de la vérité dans un écrit, puni de 3 à 10 ans de prison selon le document. L'usage de faux est une infraction autonome dont la prescription court à chaque utilisation du document falsifié.

Définition légale du faux : l'article 441-1 du Code pénal

Texte de loi

Art. 441-1 C. pén.

« Le faux est toute altération frauduleuse de la vérité dans un écrit ou tout autre support d'expression de la pensée ayant pour objet d'établir la preuve d'un droit ou d'un fait ayant des conséquences juridiques. Le faux et l'usage de faux sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. »

Source : Code pénal — article consolidé

Les éléments constitutifs de l'infraction de faux

Jurisprudence

Cass. crim., 23 janvier 1997, n° 95-84.308

« L'altération frauduleuse de la vérité, élément constitutif du faux, ne saurait se déduire de la seule irrégularité ou illicéité de l'acte incriminé. La relaxe est justifiée lorsque les pratiques irrégulières ne caractérisent pas un faux pénal. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

À éviter

Ne pas confondre irrégularité et faux pénal

Un acte simplement irrégulier ou illicite ne constitue pas nécessairement un faux. L'accusation doit démontrer une altération délibérée de la vérité, non une simple violation de règles de forme ou de procédure.

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Catégories de faux et échelle des peines applicables

Texte de loi

Art. 441-4 C. pén.

« Le faux dans une écriture publique ou authentique est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende. Les peines sont portées à quinze ans de réclusion criminelle et 225 000 euros d'amende lorsque le faux est commis par une personne dépositaire de l'autorité publique. »

Source : Légifrance — version consolidée

Jurisprudence

Cass. crim., 7 novembre 1973, n° 73-90.433

« Lorsque la signature d'un certificat est authentique mais relate des faits inexacts, l'infraction relève du faux certificat. Si la signature elle-même est fausse, la qualification de faux en écriture privée ou de commerce s'applique. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

L'usage de faux : une infraction distincte et autonome

Jurisprudence

Cass. crim., 18 décembre 2007, n° 07-80.696

« Viser un document argué de faux dans un mémoire devant la Cour de cassation ne constitue pas un usage de faux, le contrôle de cette juridiction portant exclusivement sur la légalité des décisions soumises. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Bon à savoir

Faire constater le faux par expertise judiciaire

En cas de suspicion de faux matériel, sollicitez une expertise graphologique ou informatique judiciaire. Le rapport d'expert constitue un élément de preuve déterminant pour établir l'altération du document.

Prescription du faux et de l'usage de faux : un régime dualiste

Jurisprudence

Cass. crim., 19 janvier 2000, n° 98-88.101

« Le délai de prescription de l'usage de faux court à compter de chaque acte par lequel le prévenu se prévaut de la pièce fausse. Le juge doit rechercher si le document n'a pas été invoqué aux différents stades de la procédure. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Texte de loi

Art. L1213-6 C. proc. pén.

« Lorsque des poursuites révèlent la fausseté d'un jugement déclarant l'action pénale éteinte, celle-ci peut être reprise. La prescription est suspendue entre le jugement définitif et la condamnation du coupable de faux ou d'usage de faux. »

Source : Légifrance — version consolidée

Moyens de défense et interactions avec d'autres branches du droit

À éviter

Chaque acte d'usage renouvelle le délai de prescription

Contrairement au faux lui-même, chaque nouvelle utilisation du document falsifié fait courir un nouveau délai de prescription de six ans. Un faux ancien peut fonder des poursuites bien après sa fabrication si le document est réinvoqué.

Bon à savoir

Se constituer partie civile pour obtenir réparation

La victime d'un faux peut se constituer partie civile devant le juge pénal pour obtenir des dommages-intérêts couvrant le préjudice matériel et moral subi du fait de la falsification.

Aucune étude de cas associée.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre le faux et l'usage de faux ?

Le faux consiste à fabriquer ou altérer frauduleusement un document. L'usage de faux est l'utilisation consciente de ce document falsifié. Ce sont deux infractions distinctes et autonomes : une personne peut être poursuivie pour usage de faux sans avoir fabriqué le document, et l'auteur du faux n'est pas poursuivi pour usage s'il ne l'a pas lui-même utilisé.

Quel est le délai de prescription de l'usage de faux en 2026 ?

Le délai de prescription est de six ans, mais il court à compter de chaque acte d'utilisation du document falsifié. Chaque nouvelle production du faux en justice ou devant un tiers fait courir un nouveau délai, ce qui peut repousser la prescription bien au-delà de la date de fabrication initiale du document.

Peut-on être poursuivi pour faux si aucun préjudice réel n'a été subi ?

Oui. La loi n'exige pas un préjudice effectivement réalisé. Un préjudice simplement éventuel ou potentiel suffit à caractériser l'infraction, dès lors que le document falsifié est de nature à porter atteinte aux droits d'autrui ou à l'intérêt général.

Quelles sont les peines maximales pour un faux en écriture publique ?

Le faux en écriture publique ou authentique est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende. Si l'auteur est dépositaire de l'autorité publique, les peines atteignent quinze ans de réclusion criminelle et 225 000 euros d'amende, l'infraction relevant alors de la compétence de la cour d'assises.

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Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr. Passionné de LegalTech, il automatise la rédaction de documents juridiques pour les litiges droit pénal. Découvrir le parcours de Thomas Gayon →