Droit pénal

Menaces de mort : qualification pénale, sanctions et droits de la victime

La menace de mort constitue l'une des infractions pénales les plus fréquemment poursuivies devant les juridictions correctionnelles françaises. Loin d'être une simple parole sans conséquence juridique, elle est incriminée par les articles 222-17 et 222-18 du Code pénal, qui instaurent un régime dualiste : la menace réitérée ou matérialisée d'un côté, la menace assortie d'un ordre de remplir une condition de l'autre. Les peines s'échelonnent de trois à cinq ans d'emprisonnement et peuvent atteindre 75 000 euros d'amende. La Chambre criminelle de la Cour de cassation a progressivement défini les contours de cette infraction, clarifiant les exigences de matérialisation, de réitération et d'intention. Cet article détaille le régime juridique complet des menaces de mort en droit français : qualification pénale, éléments constitutifs, échelle des sanctions, moyens de preuve admissibles, circonstances aggravantes et voies de recours ouvertes à la victime.

8 min de lecture Niveau intermediaire MAJ 2026-04-25 France · droit civil
TG
Auteur
Thomas Gayon
SL
Validé par
Me Sandy Lacroix, Avocate

En bref

La menace de mort est un délit puni de 3 à 5 ans d'emprisonnement selon les circonstances. La preuve peut résulter d'écrits, de messages électroniques ou de menaces verbales réitérées.

Les éléments constitutifs du délit de menaces de mort

Jurisprudence

Cass. crim., 22 sept. 2015, n° 14-82.435

« Le simple geste accompagnant une menace verbale ne constitue pas l'image ou tout autre objet indispensable à la matérialisation d'une menace de mort au sens de l'article 222-17 du Code pénal. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

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Peines encourues pour menaces de mort : de trois à cinq ans

À éviter

Ne pas confondre menace de mort et menace simple

La qualification de menace de mort exige des propos caractérisant explicitement l'annonce d'un homicide. Une menace vague ou équivoque sera requalifiée en menace simple, passible de six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende seulement au titre de l'article 222-17 alinéa premier.

Preuve des menaces de mort : réitération et moyens probatoires

Jurisprudence

Cass. crim., 26 févr. 2002, n° 01-83.545

« L'article 222-17 du Code pénal, s'il exige que les menaces non matérialisées soient réitérées pour être punissables, ne prévoit aucun délai entre les différentes occurrences. La réitération peut intervenir à quelques instants d'écart. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Bon à savoir

Conservez immédiatement toute preuve des menaces reçues

Effectuez des captures d'écran horodatées des messages menaçants, sauvegardez les enregistrements vocaux et sollicitez sans délai des attestations écrites de témoins directs. Ces éléments sont déterminants pour établir la matérialité de l'infraction devant le tribunal correctionnel.

Circonstances aggravantes des menaces de mort

Texte de loi

Art. 433-3 C. pén.

« Les menaces de mort proférées contre une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public sont punies de peines pouvant atteindre dix ans d'emprisonnement dans leur forme aggravée. »

Source : Code pénal — article consolidé

Jurisprudence

Cass. crim., 10 déc. 2014, n° 14-81.313

« Le délit de menace de commettre un crime contre un avocat, prévu à l'article 433-3 du Code pénal, est établi lorsque son auteur ne pouvait ignorer que la menace formulée dans un support écrit adressé à des tiers parviendrait à la connaissance de la personne visée. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Procédure pénale et recours en cas de menaces de mort

Bon à savoir

Sollicitez une ordonnance de protection en urgence

En contexte conjugal ou familial, saisissez le juge aux affaires familiales pour obtenir une ordonnance de protection. Cette mesure permet l'éloignement immédiat de l'auteur des menaces sans attendre l'issue de la procédure pénale.

Questions fréquentes

Quelle est la peine maximale pour une menace de mort en France ?

La peine maximale est de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende lorsque la menace de mort est accompagnée d'un ordre de remplir une condition (article 222-18 alinéa 2 du Code pénal). Lorsqu'elle vise un dépositaire de l'autorité publique, la peine peut atteindre dix ans.

Peut-on porter plainte pour une seule menace de mort verbale ?

Une menace verbale unique et non matérialisée n'est punissable au titre de l'article 222-17 que si elle est réitérée. Toutefois, si elle est accompagnée d'un ordre de remplir une condition, l'article 222-18 s'applique sans exigence de réitération ni de matérialisation.

Quel est le délai de prescription pour des menaces de mort ?

Le délai de prescription est de six ans à compter du jour où les menaces ont été proférées ou reçues, conformément au régime des délits. En cas de réitération, chaque nouvelle menace fait courir un nouveau point de départ.

Les menaces de mort sur les réseaux sociaux sont-elles punissables ?

Oui. Une menace de mort publiée sur un réseau social constitue une menace matérialisée au sens de l'article 222-17 du Code pénal. L'auteur encourt trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende, sans qu'il soit nécessaire de prouver une réitération.

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Avertissement : Cet article a une vocation informative. La législation droit pénal varie selon les circonstances de chaque situation. Nous vous recommandons de consulter un avocat spécialisé pour une analyse de votre situation.

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Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr. Passionné de LegalTech, il automatise la rédaction de documents juridiques pour les litiges droit pénal. Découvrir le parcours de Thomas Gayon →