Droit civil

Prêt entre particuliers impayé : comment récupérer votre argent

Le prêt d'argent entre particuliers — entre proches, amis ou membres d'une même famille — constitue une pratique répandue en France, souvent conclue sur la base d'un simple accord verbal ou d'une confiance réciproque. Régi par les articles 1892 et suivants du Code civil au titre du prêt de consommation, ce contrat n'obéit pas aux règles protectrices du crédit à la consommation, réservées aux opérations impliquant un établissement de crédit professionnel. Lorsque l'emprunteur refuse ou néglige de rembourser la somme prêtée, le prêteur se trouve confronté à des difficultés juridiques majeures, touchant à la preuve de l'obligation, aux délais de prescription et à l'efficacité concrète des mesures d'exécution. En 2026, ce contentieux demeure particulièrement fréquent devant les juridictions civiles, où les demandes en remboursement entre proches représentent une part notable du contentieux contractuel. Cet article analyse de manière exhaustive les droits du prêteur, les procédures de recouvrement disponibles, les délais impératifs et les obstacles susceptibles de compromettre la récupération de la créance.

8 min de lecture Niveau intermediaire MAJ 2026-04-25 France · droit civil
TG
Auteur
Thomas Gayon
SL
Validé par
Me Sandy Lacroix, Avocate

En bref

Face à un prêt impayé entre particuliers, le prêteur doit prouver l'existence du prêt (reconnaissance de dette, virements), mettre en demeure l'emprunteur puis agir en justice dans le délai de prescription quinquennale.

Le régime juridique du prêt d'argent entre particuliers

Texte de loi

Art. 1892 C. civ.

« Le prêt de consommation est un contrat par lequel l'une des parties livre à l'autre une certaine quantité de choses qui se consomment par l'usage, à charge par cette dernière de lui en rendre autant de même espèce et qualité. »

Source : Code civil — article consolidé

Jurisprudence

Cass. com., 26 janvier 2010, n° 08-12.591

« Lorsqu'un prêt d'argent est consenti sans qu'un terme ait été fixé, il appartient au juge de fixer la date de restitution eu égard aux circonstances et à la commune intention des parties. Ce terme doit se situer à une date postérieure à la demande en justice. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

La preuve du prêt : condition préalable au recouvrement

Texte de loi

Art. 1376 C. civ.

« L'acte sous signature privée constatant un engagement unilatéral de payer une somme d'argent doit comporter la signature du souscripteur ainsi que la mention, écrite par lui-même, de la somme en toutes lettres et en chiffres. En cas de divergence, l'acte vaut pour la somme en toutes lettres. »

Source : Code civil — article consolidé

À éviter

L'absence d'écrit : le piège majeur entre proches

Sans reconnaissance de dette ni preuve écrite, le prêteur s'expose au risque de voir l'emprunteur requalifier le prêt en donation. Pour toute somme supérieure à 1 500 euros, un écrit est juridiquement indispensable à la preuve du prêt.

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La mise en demeure et les démarches de règlement amiable

Bon à savoir

Soignez la rédaction de votre mise en demeure

Mentionnez le montant exact réclamé, le délai de paiement accordé (généralement quinze jours), les circonstances du prêt et les suites judiciaires envisagées. Conservez précieusement l'accusé de réception comme preuve de votre démarche.

Les voies judiciaires de recouvrement du prêt impayé

Jurisprudence

Cass. 2e civ., 5 février 2009, n° 07-21.306

« Le jugement d'ouverture d'une procédure de rétablissement personnel n'interdit pas au créancier d'obtenir un titre exécutoire à hauteur des sommes dues. Le prêteur conserve donc le droit d'agir en justice même lorsque l'emprunteur fait l'objet d'une procédure de surendettement. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

La prescription quinquennale et ses mécanismes d'interruption

Texte de loi

Art. 2224 C. civ.

« Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. »

Source : Code civil — article consolidé

Jurisprudence

Cass. 1re civ., 16 octobre 2013, n° 12-21.917

« La volonté d'interrompre la prescription ne saurait justifier l'introduction d'une action en liquidation de créance si le créancier, titulaire d'un titre exécutoire notarié, peut interrompre ce délai par une mesure conservatoire ou d'exécution forcée. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

Jurisprudence

Cass. 1re civ., 9 juin 2011, n° 10-10.348

« L'héritier ayant recueilli une dette dans la succession est recevable à agir pour faire constater la prescription de la créance, cette action lui permettant de connaître la consistance du patrimoine hérité et l'étendue de ses droits. »

Source : JUDILIBRE — Cour de cassation

L'exécution forcée et les obstacles au recouvrement effectif

Bon à savoir

Anticipez la solvabilité de l'emprunteur

Avant de consentir un prêt important, renseignez-vous sur la situation financière de l'emprunteur. Après obtention d'un titre exécutoire, un commissaire de justice peut effectuer des recherches patrimoniales via le fichier FICOBA pour localiser les comptes bancaires du débiteur.

Questions fréquentes

Peut-on récupérer un prêt entre particuliers sans reconnaissance de dette ?

Oui, mais la preuve est plus difficile à rapporter. Le prêteur doit réunir un faisceau d'indices concordants : relevés bancaires attestant du virement, échanges de messages évoquant le prêt, témoignages. L'impossibilité morale de se procurer un écrit, reconnue en jurisprudence entre proches, autorise le recours à ces moyens de preuve alternatifs.

Quel est le délai pour agir en justice pour un prêt impayé entre particuliers ?

Le délai de prescription est de cinq ans à compter de l'exigibilité de la créance, soit la date de remboursement convenue. Ce délai peut être interrompu par une reconnaissance de dette de l'emprunteur, une demande en justice ou une mesure d'exécution forcée, faisant courir un nouveau délai quinquennal.

L'emprunteur en surendettement doit-il rembourser le prêt entre particuliers ?

La procédure de surendettement peut entraîner un rééchelonnement, une réduction ou un effacement total de la dette. Toutefois, le prêteur conserve le droit d'obtenir un titre exécutoire constatant sa créance, même après l'ouverture de la procédure, comme l'a confirmé la Cour de cassation dans un arrêt du 5 février 2009.

Faut-il déclarer un prêt entre particuliers aux impôts ?

Tout prêt entre particuliers supérieur à 5 000 euros doit être déclaré à l'administration fiscale via le formulaire Cerfa n° 2062. Les intérêts éventuellement perçus par le prêteur sont imposables au titre des revenus de capitaux mobiliers et soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %.

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Avertissement : Cet article a une vocation informative. La législation droit civil varie selon les circonstances de chaque situation. Nous vous recommandons de consulter un avocat spécialisé pour une analyse de votre situation.

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Thomas Gayon

Fondateur de DossierJuridique.fr. Passionné de LegalTech, il automatise la rédaction de documents juridiques pour les litiges droit civil. Découvrir le parcours de Thomas Gayon →